Une oie blanche à atterrissage

Cap-Tourmente : randonnée au cœur de la nature… avec les oies des neiges !

L’hiver tire petit à petit sa révérence et c’est le moment propice à l’observation des oies blanches ou oies des neiges ! Ces oiseaux migrateurs offrent un spectacle incontournable selon les locaux. Le meilleur endroit pour les observer autour de Québec est la Réserve Nationale de Faune du Cap-Tourmente où plusieurs sentiers de randonnée sillonnent ce territoire protégé. Beaux points de vue garantis sur le fleuve Saint-Laurent et sur les oies bien entendu !

Les oies des neiges, ces grandes voyageuses

Après nous être garés au second parking, proche du centre d’interprétation, nous prenons la direction du sentier Le-Bois-Sent-Bon, situé derrière le centre. À peine quelques mètres parcourus que des oies blanches traversent le ciel ! Il n’y a aucun doute, nous sommes au bon endroit. Petite précision : elles ne sont pas complètement blanches, car leur plumage situé au bout de leurs ailes est noir.

Les oies blanches à marée basse
Les oies blanches à marée basse

La passerelle en bois s’enfonce dans le marécage et nous emmène au bord du Saint-Laurent. C’est un des endroits de la Réserve le plus proche du fleuve, parfait pour l’observation ! Là, des milliers d’oies sont éparpillées sur le sable mouillé. On savait que l’on en verrait, mais certainement pas autant ! Comme la marée est basse, elles peuvent chercher leur nourriture à leur guise en plongeant leur bec dans la vase ce qui leur confère un casque marron. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les oies sont herbivores. Ici, elles se nourrissent de racines (rhizomes) et d’herbes (scirpes).

Ces oiseaux presque immaculés quittent la côte atlantique américaine au printemps pour l’extrême nord du Canada, zone de nidification. Les oies font alors une halte le long du Saint-Laurent, notamment au Cap-Tourmente de fin avril à fin mai, terrain idéal pour se reposer et prendre des forces. Leur migration peut couvrir une distance de 4000 km, et elles peuvent voler jusqu’à 1000 km sans interruption !

Nous restons un petit moment à les contempler à l’œil nu et à travers les jumelles, indispensables pour profiter au maximum. Chaque envolée nous émerveille un peu plus. Aussi, il faut se détacher de ce ballet volant et poursuivre l’exploration.

Randonner à travers le Cap-Tourmente : prendre de la hauteur

De retour au centre d’interprétation, nous partons vers l’Allée d’ormes. Après le marécage, nous traversons une plaine dominée par une falaise tachée d’ocre émergeant d’une épaisse forêt. Les herbes jaunies séchées comme de la paille nous font oublier les centimètres de neige tombés quelques jours auparavant. Le Canada n’a pas fini de nous montrer tous ses paysages.

Ma cabane au Canada
Ma cabane au Canada

Le sentier bifurque vers la paroi rocheuse et Le Pierrier nous emmène en forêt. Seul le piaillement des oiseaux accompagne nos pas sur le chemin de terre. De temps en temps, une forme sombre plane au-dessus de la cime des arbres à la recherche de nourriture fraîche. En effet, les oies ne sont pas les seuls volatiles au Cap-Tourmente : la réserve compte 180 espèces d’oiseaux. Alors, à vos jumelles !

Les Chutes

Le terrain commence doucement à monter. Au bout d’un kilomètre, plusieurs options s’offrent à vous : grimper davantage vers le point de vue et la cascade, redescendre vers la plaine ou alors poursuivre en forêt le long de la falaise. Voulant avoir une vue sur le fleuve, nous poursuivons l’ascension à travers les arbres. Bien que raide, elle n’est pas insurmontable. Après une petite pause, nous prenons le sentier de gauche Les Chutes : il est plus difficile que son voisin, donc autant commencer par là.

La cascade
La cascade

Effectivement, le dénivelé augmente, mais il paraît que c’est bon pour les cuisses et les fessiers. Enfin, nous descendons plusieurs volées de marches pour arriver à côté de la cascade. Avec ses différents niveaux, son débit est impressionnant : elle rafraîchirait presque après l’effort. Les rapaces nous accompagnent encore mais impossible de déterminer leur espèce, même avec les jumelles.

La cascade et son petit arc-en-ciel
La cascade et son petit arc-en-ciel

Après s’être imprégné de ce petit paradis forestier, il faut bien remonter les marches pour rejoindre l’embranchement. De là, nous empruntons le chemin opposé : La Falaise.

La Falaise

C’est parti pour la dernière belle montée de cette randonnée. Après une dizaine de minutes, nous arrivons au belvédère. La vue est imprenable et nous fait oublier les tensions musculaires : c’est notre première randonnée avec du dénivelé depuis le parc national du Bic. Les muscles vont devoir s’habituer, car ce n’est pas la dernière !

Vue depuis le belvédère de la falaise
Vue depuis le belvédère de la falaise

Le Saint-Laurent se dévoile avec en son centre l’extrémité de l’île d’Orléans. Au fond, le massif du Sud se découpe sur le ciel voilé. Les oies des neiges sont toujours présentes et dispersées sur la côte par groupes. Nous profitons du couvert de la forêt pour nous rafraîchir face au paysage. Après une belle envolée de plusieurs centaines d’oies, nous repartons en sens inverse et rejoignons la plaine. La dernière portion de la randonnée, La Cédrière, est bien agréable : un joli petit cours d’eau claire serpente à travers les arbres.

Dans la forêt sur le sentier La Cédrière
Dans la forêt sur le sentier La Cédrière

Dernières observations

Avant de reprendre la route, nous parcourons une seconde fois le sentier Le-Bois-Sent-Bon afin de voir une dernière fois les volatiles. La marée étant haute, les oies blanches ont déserté le marécage, maintenant submergé, pour s’attrouper un peu plus loin sur la rive. Elles cacardent gaiement en profitant de l’espace ombragé. On dégaine encore une fois la paire de jumelles pour mieux les observer.

Les oies des neiges à marée haute
Les oies des neiges à marée haute

Enfin, nous nous détachons de ce dernier spectacle, ravis d’avoir vu tant d’oies et randonné dans cet environnement préservé qu’est la Réserve Nationale de Faune du Cap-Tourmente.

Les oies blanches dans le champ, la belle surprise de fin de journée
Les oies blanches dans le champ, la belle surprise de fin de journée

Avant de franchir la sortie, nous avons la bonne surprise de voir une bonne partie des oies grignoter quelques mauvaises herbes dans un champ à côté de la route ! Pas besoin de jumelles pour les contempler cette fois-ci. Décidément, le Cap-Tourmente nous aura comblés jusqu’à la fin…

Bain de soleil du soir
Bain de soleil du soir

Update !

Nous voici de retour, un mois après notre première visite. Le temps assez incertain nous a poussés à revenir parcourir ce paradis pour les oiseaux. Nous arrivons tôt et il n’y a vraiment pas foule aujourd’hui !

Envole-(t)oie…

Cette fois-ci la marée est haute et les milliers d’oies blanches se sont rassemblées dans le champ en face du premier parking. Elles sont plus nombreuses que la dernière fois et les envolées sont fréquentes. C’est un vrai plaisir de les retrouver !

Une belle envolée
Une belle envolée

En plus, nous découvrons d’autres espèces d’oiseaux qui nous accompagnent sur le sentier le Souchet longeant le champ. C’est le cas des carouges à épaulettes mâles, oiseaux noirs reconnaissables aux taches rouges et jaunes au niveau de leurs épaules. Leur cri est assez singulier et ils nous offrent de beaux vols colorés. Encore une fois, les jumelles sont vraiment indispensables ici !

Découverte des derniers sentiers de la réserve

Nous restons un long moment à observer cette belle faune avant de poursuivre notre chemin. Une fois garés au second parking, nous partons vers le Bois-Sent-Bon bien que la marée soit haute. Effectivement, les oies des neiges se sont massées au loin, le long des rivages et dans le champ que nous venons de quitter. Nous faisons demi-tour et rejoignons l’embranchement situé sur l’Allée d’ormes. Nous tournons à gauche et les arbres se referment sur nous. Au croisement, nous prenons le sentier La Cédrière situé à gauche ; il est prolongé ensuite par le Piedmont. Les arbres deviennent de plus en plus hauts et le moindre bruit est amplifié.

En forêt
En forêt

Avant de descendre déjà vers l’entrée de la réserve par le Petit Sault, nous empruntons l’Aulnaie et la Purcheraie, des petits sentiers qui s’enfoncent un peu plus profondément entre les arbres. Le ciel devient menaçant et chaque brise fait grincer les arbres. Il est temps pour nous de revenir au second parking.

Cette randonnée est plus une belle balade qui reste toutefois fort appréciable. On refera sans hésiter la boucle de la première fois en passant par les Chutes et la Falaise.

Peu avant la sortie, quelques oies des neiges semblent nous adresser un dernier au revoir de part et d’autre de la route… Rendez-vous à l’automne !

Champ d'oies
Champ d’oies

Infos pratiques

Où ?

La réserve est située au 570 Chemin du Cap Tourmente à Saint-Joachim, à 45 minutes de Québec. Venez plutôt pour l’ouverture (8h30), sinon vous risquerez d’attendre plus d’une demi-heure avant de pouvoir entrer ! De plus, le nombre de personnes admises par jour est limité…

Tarifs

Pour l’instant, le tarif est fixé à quatre dollars par véhicule, car le centre d’interprétation est fermé à cause de la pandémie. Encore une bonne raison d’explorer cet espace protégé !

Que faire à pied ?

Admirer le défilé aérien des oies des neiges du Cap-Tourmente tout en randonnant !

Nous n’avons pas du tout pensé à regarder la marée et pourtant… Vérifiez-la sur ce site avant votre venue ! À marée basse, elles sont devant le point d’observation au bout du Bois-Sent-Bon. À marée haute, les oies sont dispersées le long de la rive ou dans les champs au niveau de l’entrée. N’oubliez pas de lever la tête, elles passent très régulièrement dans le ciel.

Carte des sentiers pédestres du Cap-Tourmente
Carte des sentiers pédestres du Cap-Tourmente
  • Le Bois-Sent-Bon (n°9 sur la carte) : 1,2 km aller-retour, 20 minutes, mixte, facile.
  • L’Allée d’ormes (n°10) + Le Pierrier (n°11) + Les Chutes (n°14) + La Falaise (n°15) + La Cédrière (n°12) : 8,3 km, 2 heures 30, mixte, intermédiaire.
  • L’Allée d’ormes (n°10) + La Cédrière (n°12) + Le Piedmont (n°13) + L’Aulnaie (n°6) + La Prucheraie (n°7) + L’Érablière (n°5) + Le Petit Sault (n°4) + Le Souchet (n°2) : 8 km, 1 heure 45, boucle, facile.

Détail des randonnées

Le Bois-Sent-Bon, L’Allée d’ormes, Le Pierrier, Les Chutes, La Falaise et La Cédrière

L’Allée d’ormes, La Cédrière, Le Piedmont, L’Aulnaie, La Prucheraie, L’Érablière, Le Petit Sault et Le Souchet

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