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Kanchanaburi, la ville du pont de la rivière Kwai

Ce matin, nous ne partons pas très tard de notre guesthouse car pour rejoindre Kanchanaburi, nous devons enchaîner deux bus et ne sommes pas certains des horaires. Du coup, autant partir tôt pour maximiser nos chances d’arriver dans l’après-midi. Nous arrivons vers 8h15 à la station d’où partent tous les vans et cherchons celui qui va à Suphanburi. Il y en a des dizaines et bien sûr aucun panneau… D’une manière générale, les Thaïs demandent facilement où l’on va pour nous proposer un taxi ou nous indiquer le chemin. Cela ne manque pas et on nous montre très vite le van que l’on cherche ! Coup de chance, il part dans cinq minutes 😊.

Notre bus de hippie

Arrivés à la gare routière de Suphanburi, le chauffeur nous dit que pour aller jusqu’à Kanchanaburi nous devons prendre un bus. On nous indique un bus local qui pourrait arriver tout droit de Woodstock vu ses couleurs de hippie. Comme nous n’avons pas pris de petit déjeuner, en attendant le départ, je vais à la boutique pour acheter deux bananes. Enfin c’est ce que je croyais, après avoir payé, la vendeuse me donne le régime complet ! Je pense qu’elle n’a pas bien compris quand je lui ai dit que j’en voulais deux… Quand je retrouve Hélène avec les 20 bananes, elle est mi-hilare, mi-dépitée. Le trajet jusque Kanchanaburi n’est pas très long et nous arrivons à la gare routière à l’heure du déjeuner. Nous passons rapidement à l’auberge, à quelques minutes à pied, pour déposer nos sacs à dos avant de repartir manger et visiter la ville.

Moi avec mes « deux » bananes

La voie ferrée de la mort

Un des aspects souvent oubliés de la Seconde Guerre Mondiale, du moins que l’on n’étudie pas à l’école, est la guerre du Pacifique. Il s’agit de l’ensemble des campagnes menées par les Alliés contre l’empire du Japon.

Décembre 1941, la Thaïlande, qui s’était déclarée neutre, est envahie par l’empire du Japon. Elle signe un armistice et un traité d’alliance militaire avec ce dernier. Janvier 1942, l’empire nippon envahit la Birmanie et prend le contrôle de la colonie britannique. Cependant, la voie maritime est le seul moyen pour approvisionner ses troupes. Mais comme elle est vulnérable aux attaques et pour éviter les 3 200 km de voyage en mer, l’empire décide de construire une voie de chemin de fer de 415 kilomètres entre Bangkok et Rangoun.

Le pont de la rivière Kwai

Les travaux commencent de part et d’autres de la frontière pour se rejoindre à une trentaine de kilomètre au sud de celle-ci. Plus de 180 000 civils, 60 000 prisonniers de guerre ont été forcés de travailler à la construction de la ligne. Les pertes seront nombreuses à cause des mauvais traitements, des maladies tropicales et des bombardements américains et britanniques. 90 000 civils et 16 000 prisonniers de guerre vont y perdre la vie. C’est pour cette raison que la ligne est appelée « voie ferrée de la mort ».

Kanchanaburi est tristement célèbre car s’y trouve la portion la plus connue de toute la ligne : le pont 277, appelé Pont de la rivière Kwai. Un premier pont en bois est construit pour assurer le franchissement de la rivière pendant la construction du pont métallique. Ce dernier est toujours opérationnel.

Après la guerre, les Britanniques ont fait supprimer 4 kilomètres de voie entre la Thaïlande et la Birmanie pour protéger leurs intérêts à Singapour.

Sur les traces du passé

Notre visite de la ville commence par le cimetière militaire de Kanchanaburi. Y sont enterrés 6842 prisonniers de guerre, principalement des Australiens, Anglais et Hollandais. Après la guerre, les tombes des personnes ayant péri dans la construction ont été déplacées des cimetières près des camps et des endroits isolés le long des rails dans trois cimetières dont celui-ci. Naïfs, nous ne nous attendions pas à voir un tel cimetière en Thaïlande, surtout aussi grand. Le temps semble arrêté ici, même si nous sommes en pleine ville nous n’y ressentons pas l’agitation de cette dernière. On traverse quelques allées et regardons les épitaphes et l’âge des personnes. Elles ont presque toutes entre 20 et 30 ans. Comme nous. Nous ne les connaissions pas mais savons que nous leur devons beaucoup. Ils ont donné leur vie pour que nous ayons le futur dans lequel nous vivons.

Cimetière militaire de Kanchanaburi

Juste à côté se trouve un ancien cimetière chinois. Les tombes sont différentes de celles que l’on connaît en France : elles ne sont pas entièrement enterrés et elles sont « à l’envers » (regardez une tombe, maintenant passez de l’autre côté et vous la verrez comme celles-ci). Il y a aussi de nombreuses stuppas. Nous sommes cependant assez surpris de l’état du cimetière : les mauvaises herbes poussent partout et il n’a pas air entretenu. Quand on compare avec le cimetière militaire d’à côté qui, lui, l’est parfaitement, le choc est d’autant plus grand !

L’ancien cimetière chinois

Nous nous dirigeons ensuite vers le Thailand-Burma Railway Centre (150 bahts chacun), un musée dédié à la création de la ligne de chemin de fer. Il a été entièrement financé par un Australien expert dans l’histoire de la ligne. La visite est très instructive et nous apprenons beaucoup de choses sur la genèse de la ligne, sa construction, les conditions de vie… Nous sommes sortis de là bouleversés mais vraiment contents de l’avoir visité !

Thailand – Burma Railway Centre

Nous terminons la journée par le pont de la rivière Kwai. Il ne s’agit pas du pont que l’on voit dans le film du même titre mais un pont en métal et en béton, partiellement reconstruit en 1945 après qu’il ait été bombardé par les Américains. L’endroit est rempli de vendeurs de souvenirs et de touristes faisant selfie sur selfie devant le pont. L’histoire du pont n’a pas l’air d’intéresser beaucoup de monde. En tout cas il n’y a plus du tout le côté solennel du musée et du cimetière. Nous sommes bien dans un endroit très touristique…

Le pont de la rivière Kwai
On peut traverser le pont, sur les rails, mais à ses risques et périls

Pour traverser le pont deux solutions : à pied ou en train (en payant un prix exorbitant pour la distance). Nous avons de la chance, un train arrive justement. Nous en profitons pour le regarder traverser (très) lentement. Une fois le train passé le foule devient plus éparse et il est plus agréable d’observer et de traverser le pont. Au delà de son aspect historique, il n’a rien d’exceptionnel même si parcourir les voies du train passant sur le pont est plutôt atypique 😊.

Notre adresse

  • The balcony : un restaurant tenu par un Anglais et sa femme Thai qui propose d’excellents plats occidentaux. Je me suis régalé comme jamais avec le burger (on aurait pu faire le même à la maison) et Hélène aussi avec son wrap au poulet et pesto. Les frites de patate douce sont un délice.
Xavier

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