Une oie blanche à atterrissage

Notre guide des sentiers du Cap-Tourmente pour voir les oies blanches

[Mise à jour : 1er mai 2022]

Lorsque l’hiver puis l’été tirent petit à petit leur révérence, les oies blanches, ou oies des neiges, affluent dans le ciel québécois ! Ces oiseaux migrateurs offrent un spectacle que vous ne devez pas rater. Le meilleur endroit pour les observer autour de Québec est la Réserve Nationale de Faune du Cap-Tourmente où plusieurs sentiers de randonnée sillonnent ce territoire protégé. On vous garantit de beaux points de vue sur le fleuve Saint-Laurent et sur les oies bien entendu !

Les oies des neiges, ces grandes voyageuses

Présentation

Les oies blanches ne le sont pas totalement en réalité. Vous observerez assez vite que le plumage au bout de leurs ailes est noir. Au printemps, ces oiseaux quittent la côte atlantique américaine pour l’extrême nord du Canada, leur zone de nidification. Les oies font alors une halte le long du Saint-Laurent, notamment au Cap-Tourmente de fin avril à fin mai, terrain idéal pour se reposer et prendre des forces. À l’automne, elles font le chemin inverse afin de rejoindre les terres américaines. Alors, elles s’arrêtent dans la Réserve tout au long du mois d’octobre. Leur migration peut couvrir une distance de 4000 km et elles peuvent voler jusqu’à 1000 km sans interruption !

Les oies blanches à marée basse
Les oies blanches à marée basse

Observation

Pour mieux observer les oies, vérifiez la marée avant votre venue ! À marée haute, garez-vous sur le premier parking situé juste après l’entrée. Elles seront probablement dans les champs de part et d’autre de la route ou massées au loin, le long des rivages. À marée basse, stationnez plutôt sur le second parking, proche du centre d’interprétation. Les volatiles seront alors devant le point d’observation au bout du chemin. On vous donne un dernier conseil pour que vous ne manquiez aucune occasion : pensez à lever la tête, elles passent très régulièrement dans le ciel.

Champ d'oies
Champ d’oies

Comme la marée est basse aujourd’hui, nous prenons la direction du sentier Le-Bois-Sent-Bon, situé derrière le centre. La passerelle en bois s’enfonce dans le marécage et nous emmène au bord du Saint-Laurent. C’est un des endroits de la Réserve le plus proche du fleuve, parfait pour les contempler ! Là, des milliers d’oies sont éparpillées sur le sable mouillé. Ainsi, elles peuvent chercher leur nourriture à leur guise en plongeant leur bec dans la vase ce qui leur confère un casque marron. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les oies sont herbivores. Les rhizomes (racines) de scirpe constituent l’essentiel de leur alimentation.

Soudain, le brouhaha animal cesse. Elles prennent alors leur envol dans un froissement d’ailes et s’éloignent ensemble du rivage. Un frisson parcourt la petite foule pressée contre la rambarde en bois. Le temps s’arrête. Nous avons tous le souffle coupé par cette envolée spectaculaire. Il faut plusieurs minutes pour réaliser ce qui vient de se dérouler sous nos yeux ébahis. Nous nous remettons doucement de nos émotions en retournant au centre. Pas de doute, ce ballet aérien va rester gravé dans notre esprit.

Sentiers de randonnée à travers le Cap-Tourmente

Prendre de la hauteur par Le Pierrier

Là, nous partons vers L’Allée d’ormes. Après le marais du Cap, nous traversons une plaine dominée par une falaise tachée d’ocre émergeant d’une épaisse forêt. Les herbes jaunies séchées comme de la paille font oublier les dernières parcelles de neige. Décidément, le Canada n’a pas fini de nous montrer tous ses paysages.

Ma cabane au Canada
Ma cabane au Canada

Le sentier bifurque vers la paroi rocheuse et Le Pierrier nous emmène en forêt. Seul le piaillement des oiseaux accompagne nos pas sur le chemin de terre. De temps en temps, des rapaces planent au-dessus de la cime des arbres à la recherche de nourriture fraîche. En effet, les oies ne sont pas les seuls volatiles que vous verrez sur les sentiers du Cap-Tourmente : la Réserve compte 180 espèces d’oiseaux. Nous avons pu observer notamment des carouges à épaulettes mâles, des pics mineurs, des sizerins flammés, des urubus à tête rouge, des bruants à gorge blanche… Du côté des mammifères, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir un ours. Alors, à vos jumelles !

Pic mineur

Les Chutes

Le terrain commence doucement à monter. Au bout d’un kilomètre, plusieurs options s’offrent à vous. Soit vous prenez à droite et grimpez davantage vers les points de vue, soit vous prenez à gauche pour redescendre vers la plaine et le centre, ou soit vous continuez tout droit pour poursuivre en forêt le long de la falaise. Voulant avoir une vue sur le fleuve, nous poursuivons l’ascension, à droite, à travers les arbres. Bien que raide, elle n’est pas insurmontable. Après une petite pause, nous prenons le sentier de gauche Les Chutes (il est plus difficile que son voisin, autant commencer par là).

La cascade
La cascade

Arrivés à une intersection, vous verrez que la cascade est divisée en trois sections :

  • la chute de la Migmatite (18 marches) à droite ;
  • les chutes des Pins rouges (145 marches) et de la Friponne (246 marches) en face, avec un tronçon commun de 127 marches.

Avec ses différents niveaux, son débit est impressionnant. Ici, une ombre nous recouvre brièvement : un urubu à tête rouge s’envole pour traquer sa prochaine proie.

La cascade et son petit arc-en-ciel
La cascade et son petit arc-en-ciel

Après s’être imprégné de ce petit paradis forestier, il faut bien remonter les marches pour rejoindre l’embranchement. À vous les fessiers et les cuisses en béton ! De là, nous empruntons le chemin opposé : La Falaise.

La Falaise

C’est parti pour la dernière belle montée de cette randonnée. Après une dizaine de minutes, nous arrivons au belvédère. La vue est imprenable et nous fait oublier les tensions musculaires : c’est notre première randonnée avec du dénivelé depuis le parc national du Bic. Les muscles vont devoir s’habituer, car ce n’est pas la dernière !

Vue depuis le belvédère de La Falaise
Vue depuis le belvédère de La Falaise

Le Saint-Laurent se dévoile avec en son centre l’extrémité de l’île d’Orléans. Au fond, le massif du Sud se découpe sur le ciel voilé. Les oies des neiges sont toujours présentes et dispersées sur la côte par groupes. Nous profitons du couvert de la forêt pour nous rafraîchir face au paysage.

Dans la forêt sur le sentier La Cédrière
Dans la forêt sur le sentier La Cédrière

Petites balades dans le Secteur Petite-Ferme

Après une belle envolée de plusieurs centaines d’oies en contrebas, nous repartons en sens inverse et rejoignons la plaine par La Cédrière. Ce sentier est bien agréable : un joli petit cours d’eau claire serpente à travers les troncs. Il est prolongé ensuite par Le Piedmont qui mène au Secteur Petite-Ferme du Cap-Tourmente et ses petits sentiers. Les arbres deviennent de plus en plus hauts et le moindre bruit est amplifié.

En forêt
En forêt

Avant de descendre vers l’entrée de la Réserve par Le Petit Sault, nous empruntons L’Aulnaie et La Purcheraie, des chemins qui s’enfoncent un peu plus profondément entre les arbres. Le ciel devient menaçant et chaque brise fait grincer les arbres. Il est temps pour nous de revenir au second parking par Le Souchet. En résumé, cette randonnée dans ce secteur est une belle balade fort appréciable. C’est l’idéal si vous êtes en famille ou si vous souhaitez faire une petite virée tranquille.

Envole-(t)oie…

Avant de reprendre la route, nous parcourons une seconde fois le sentier Le-Bois-Sent-Bon afin d’avoir un ultime aperçu des volatiles. La marée étant haute, les oies blanches ont déserté le marécage submergé pour s’attrouper un peu plus loin sur la rive. Elles cacardent gaiement en profitant de l’espace ombragé. On dégaine encore une fois la paire de jumelles pour mieux les observer.

Enfin, nous nous détachons de ce dernier spectacle, ravis d’avoir vu tant d’oies et randonné dans cet environnement préservé.

Les oies des neiges à marée haute
Les oies des neiges à marée haute

Avant de franchir la sortie, nous avons la bonne surprise de voir une partie des oies grignoter quelques mauvaises herbes dans un champ à côté de la route ! Décidément, le Cap-Tourmente nous aura comblés jusqu’à la fin…

Une belle envolée
Une belle envolée

Infos pratiques

Où ?

La Réserve est située au 570 Chemin du Cap Tourmente à Saint-Joachim, à 45 minutes de Québec. Venez pour l’ouverture à 8 h 30, sinon vous risquez d’attendre plus d’une demi-heure avant de pouvoir entrer ! De plus, le nombre de personnes admises par jour est limité.

Tarifs

Bien que le centre d’interprétation soit toujours fermé à cause de la pandémie, les tarifs de la saison 2022 sont, eux, redevenus normaux : 6 $ par adulte, 5 $ pour les étudiants, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés.

Que faire à pied ?

Admirer le défilé aérien des oies des neiges du Cap-Tourmente tout en empruntant les nombreux sentiers de randonnée ! Nous vous conseillons de venir à la fin du mois de mai et mi-octobre quand les oies sont plus nombreuses.

Carte des sentiers pédestres du Cap-Tourmente
Carte des sentiers pédestres du Cap-Tourmente
  • Le Bois-Sent-Bon (n°9 sur la carte) : 1,2 km, 20 min, mixte, facile.
  • L’Allée d’ormes (n°10) + Le Pierrier (n°11) + Les Chutes (n°14) + La Falaise (n°15) + La Cédrière (n°12) : 8,3 km, 2 h 30 min, mixte, facile/intermédiaire. C’est notre parcours préféré !
  • L’Allée d’ormes (n°10) + La Cédrière (n°12) + Le Piedmont (n°13) + L’Aulnaie (n°6) + La Prucheraie (n°7) + L’Érablière (n°5) + Le Petit Sault (n°4) + Le Souchet (n°2) : 8 km, 1 h 45 min, boucle, facile.

Détail des randonnées

Le Bois-Sent-Bon, L’Allée d’ormes, Le Pierrier, Les Chutes, La Falaise et La Cédrière

L’Allée d’ormes, La Cédrière, Le Piedmont, L’Aulnaie, La Prucheraie, L’Érablière, Le Petit Sault et Le Souchet

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