Un an d’expatriation au Québec : il est temps de dresser un joli bilan !

Souvenez-vous : il y a un an, jour pour jour, nous débarquions un soir à l’aéroport de Montréal avec notre PVT (permis vacances-travail) en poche, sans nous attendre à ce qui allait suivre. Il y a beaucoup à vous dire sur cette expatriation au Québec, du positif bien sûr, mais aussi du négatif. Pas de doute, l’immigration est une aventure ! On n’a clairement pas vu passer ces 365 jours. C’est comme si nous avions fait et vu énormément de choses dans notre nouveau pays, mais pas tant que ça finalement. Notre bilan vous donne une idée de notre quotidien tout au long de l’année et vous aidera à prendre la meilleure décision de votre vie, qui sait ?

Le meilleur de l’expatriation au Québec

Au cœur de la nature

Nous avons choisi le Canada déjà pour ses grands espaces, qui regorgent de pépites naturelles (montagnes, lacs, forêts) plus proches que l’on ne croit. Étant à Québec, on peut accéder à de nombreux parcs nationaux en une heure de route depuis le centre (ici, on parle toujours en temps de route). Il y a entre autres : le parc de la Jacques-Cartier, le Cap Tourmente, le parc du Massif du Sud, le Mont-Sainte-Anne, les abords de Charlevoix, etc. Chaque fin de semaine ou presque, nous enfilons nos chaussures de randonnée pour nous évader et profiter de l’air pur dans ces paysages sublimes. En plus d’une flore exceptionnelle, que dire de la faune aperçue ! Nous avons vu plus d’animaux sauvages en un an d’expatriation à Québec qu’en dix à Lille.

Même en pleine ville, de nombreux espaces verts permettent de prendre l’air sans prendre son char. On ne cite plus les plaines d’Abraham, notre parc urbain préféré pour pratiquer de nombreuses activités en toute saison ou pour simplement se promener en profitant des jolis couchers de soleil teintant le ciel au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Mine de rien, même en sortant très régulièrement, nous sommes loin d’avoir fait le tour des randonnées ou des places à visiter autour de Québec. Bonne nouvelle, notre visa expire dans un an !

Zou bisou bisou
Zou bisou bisou

Au cœur de l’humain

On ne connaissait personne icitte il y a un an. Mon frère est arrivé un mois après nous, mais plus de deux heures et demie de route nous séparent. On croise le chemin de beaucoup de monde : en rando, à l’épicerie, à la job (le commerce local, il n’y a que ça de vrai !) ou en balade dans la rue. Qu’ils soient des Québécois pure laine, des expatriés du monde entier, des touristes, des jeunes, des plus âgés, ils ont tous un point commun. C’est celui de t’accueillir et de te parler comme un des leurs avec un grand sourire, sans aucun jugement. Et que cela fait du bien ! Imaginez un peu : pas de râleurs, pas de klaxon intempestif dans la rue, pas de problème d’ego, des rues propres, que du respect pour autrui ! Bien sûr, il y a des exceptions, comme partout.

Au niveau professionnel, qu’importent les diplômes, on voit le potentiel et les aptitudes d’abord. Une chance vous sera toujours donnée et c’est très apprécié.

De plus, on sait qu’on peut sortir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit en toute sécurité. Je n’ai jamais appréhendé de rentrer seule le soir, chose qui n’est jamais arrivée en France…

Au cœur des saisons

Premiers pas enneigés

Impossible de parler du Québec sans évoquer l’hiver ! Nous sommes arrivés en plein dedans avec nos vêtements les plus chauds qui laissaient quand même passer le froid… On a mis un an à s’équiper correctement. Certaines sorties furent un échec (trop ou pas assez couverts, pas les bons souliers), mais désormais, on sait quoi enfiler par tous les temps et toutes les températures ! Elles ont été plus basses ces dernières semaines qu’en début d’année 2021, mais ça ne dure jamais longtemps. Bien couvert, on peut tout faire même par -38°C en ressenti ! Et c’est une frileuse qui vous parle !

Un an déjà à Québec !
Un an déjà à Québec !

D’ailleurs, au début de l’année passée, nous n’osions pas nous aventurer trop loin en voiture par peur de nous retrouver coincés sur les routes des parcs. Aujourd’hui, nous en rigolons, car rien ne nous arrête ! En vérité, les grands axes sont parfaitement dégagés. Il est vrai que certaines routes/rues (dont la nôtre, snif !) ne sont pas bien déneigées, mais en roulant prudemment, tout va bien.

L’été dans la Belle Province

L’arrivée rapide de l’été fut l’occasion pour nous d’explorer des territoires plus élougnés : au cœur de Charlevoix pour le défi des cinq sommets, Tadoussac et même des vacances en Gaspésie juste avant l’automne ! Globalement à Québec, il fait chaud, voire très chaud et le moindre rayon de soleil est propice à la sortie.

Vue depuis le sommet du Menaud
Vue depuis le sommet du Menaud
Automne, mon bel automne

On a vu beaucoup de photos du Québec en automne et pourtant, c’est encore plus joli en vrai ! Que ce soit en pleine ville, dans les plaines ou dans les parcs, les couleurs sont sublimes. Les températures restent douces et le soleil enjolive tous les tableaux. Les randonnées sont encore plus plaisantes dans ces paysages enflammés !

Couleurs d'automne au Cap-Tourmente
Couleurs d’automne au Cap-Tourmente
Y fait frette à matin !

Ça y est ! La beauté des paysages blancs et les joies des sports d’hiver ont fini par effacer les dernières feuilles flamboyantes. Pour tout vous dire, ce passage est un peu rude, j’y reviendrai. Il y a moins de monde qui sort à cette période, alors qu’il y a beaucoup de raisons de pointer le bout de son nez : faire du sport (ski, raquettes, patins, fatbike, randonnée et même course à pied), se promener dans les rues enneigées, aller au spa en extérieur, faire de la luge, profiter des lieux culturels ou tout simplement faire le plein d’oxygène. Une autre chose non négligeable : avoir un Noël blanc est quelque chose de magique, on l’avait oublié depuis toutes ces années !

Bref, l’hiver n’est clairement pas synonyme pour nous de chiller devant Netflix avec un bon thé (sauf jour de tempête). De plus, les journées froides sont pas mal ensoleillées. Si vous appréciez le plein air en tout temps, le Québec est un vrai terrain de jeu pour vous !

L'hiver au parc de la Jacques-Cartier
L’hiver au parc de la Jacques-Cartier

Qualité de vie inégalable

Tout cela forme un beau mélange qui améliore grandement la qualité de vie que l’on avait précédemment. À 17 heures, la journée de travail est terminée et nous pouvons profiter de toute la soirée. Le choix est vaste : une promenade jusqu’au château Frontenac en passant par les plaines, un ciné, un spectacle, un resto, un 5 à 7 quand les mesures sanitaires le permettent, une virée sur l’île d’Orléans, prendre le temps sur notre terrasse… Nous ne sommes jamais sortis autant le soir !

Les points un peu moins positifs de l’expatriation

Comme toute aventure, il y a des points négatifs. Aucun pays n’est parfait pour l’immigration : il faut vraiment connaître vos priorités et ce que vous cherchez pour éviter les déconvenues. Dans notre cas, ce sont la proximité avec la nature et la qualité de vie qui nous ont tapés dans l’œil lors de notre séjour en 2017. N’hésitez pas à faire un petit voyage au Québec avant de sauter le pas de l’expatriation ! Ainsi, vous verrez si la vie québécoise est faite pour vous.

Les proches restés dans l’Hexagone

L’éloignement est sans doute le point le plus compliqué à gérer depuis notre arrivée. La magie du numérique permet d’être toujours en contact, mais ce n’est et ne sera jamais pareil. Oui, ils nous manquent beaucoup même si nous aimons vraiment notre nouvelle vie. Si nous rentrons en France, nul doute que nous aurons envie de repartir assez vite une fois avoir retrouvé notre famille et nos amis !

De plus, même si tout le monde est content pour nous, je ne suis pas sûre que tous nos proches comprennent ce qu’on vit réellement. En effet, ce n’est pas la France malgré la langue commune, ce n’est pas comme notre tour du monde et ce ne sont pas non plus des vacances. Globalement, le quotidien reste le même, en plus plaisant. Ce sont toutes les activités à côté et toutes les possibilités le soir et les fins de semaine qui font une différence dans notre routine. En vérité, nous ne sommes pas souvent chez nous. Nous sommes heureux et c’est tout ce qui compte en ces temps difficiles.

L'Acropole-des-Draveurs juste avant la fermeture saisonnière
L’Acropole-des-Draveurs juste avant la fermeture saisonnière

Mon frère et sa famille sont arrivés un mois après nous. Bien que deux heures et demie nous séparent, on essaie de se voir régulièrement. Ainsi, on partage avec eux nos expériences, bonnes comme mauvaises, et ils comprennent parfaitement. Ces retrouvailles nous font du bien et rappellent la France, le temps est alors comme suspendu…

Bien s’intégrer, cela s’apprend !

Bien que les Québécois soient extrêmement gentils et accueillants, cela prend du temps de créer un nouveau réseau à l’étranger. Vous le savez bien, on ne devient pas amis du jour au lendemain. Nous avons la chance de travailler avec pas mal de personnes et apprenons tous les jours à leurs côtés. Cela a permis de jolies rencontres qui se poursuivent à côté ! Cependant, en dehors du cercle professionnel, cela reste plus compliqué de tisser des liens, encore plus avec toutes les mesures sanitaires qui ont marqué notre première année québécoise. On y travaille en tout cas !

L’hiver !

Et oui ! La neige et le froid peuvent faire rêver comme décourager. Comme évoqué précédemment, la transition de l’été vers l’hiver est éprouvante pour moi. Le manque de luminosité, les couches de vêtements qu’on ajoute petit à petit, les journées grises et pluvieuses qui deviennent de plus en plus fréquentes… Le moral n’est plus vraiment là et il faut que je me rappelle constamment la raison de notre expatriation ici, au Québec. Trois semaines après les premières neiges, les doutes se sont envolés. Finalement, il faut voir tout ce qui est possible de faire même avec des températures extrêmes ! Petit conseil : ne sous-estimez pas l’hiver !

S’adapter à la bouffe

Du beurre de pomme... maison !
Du beurre de pomme… maison !

Nous adorons cuisiner et privilégions une alimentation à base de produits bruts, locaux et de saison. Le Québec regorge de trésors alimentaires et il est essentiel pour nous de favoriser les producteurs du coin plutôt que les géants américains. Car non, pas de Costco pour nous. Il a fallu bien chercher pour trouver où nous approvisionner selon nos critères, mais ce n’est pas impossible ! En plus, nous avons la chance d’avoir des petits commerces dans notre quartier.

Ce n’est pas un aspect si négatif que ça, mais il faut s’adapter, que vous soyez fervents défenseurs de la bouffe locale ou adeptes des hypermarchés en France. Non, on ne retrouve pas tous les produits dont on avait l’habitude. On découvre de nouveaux aliments (coucou les têtes de violon, les aronias, le beurre d’érable, les dizaines variétés de pommes inconnues…) et on adapte les recettes avec ce que l’on trouve. Par exemple, les fruits jaunes sont moins cultivés au Québec, mais on mange plus de fruits rouges en quelques mois qu’en quatre ans (ce n’est pas le congélateur rempli de framboises qui dira le contraire).

Je pointerai une chose négative quand même : les produits ultra-transformés ne sont vraiment pas qualitatifs avec entre autres, l’huile de palme qui coule à flots et des additifs pas vraiment nécessaires. Selon nous, c’est assez compliqué de trouver des bons produits en évitant la malbouffe.

Et la suite ?

Vous l’avez bien compris, notre bilan 2021 d’expat est très positif ! Nous avons les voyages dans le sang et cette expatriation au Québec est venue naturellement combler notre soif d’expériences. Il nous reste un an avant la fin de notre visa et encore tant de choses à découvrir ! Nous comptons bien élargir notre cercle de connaissances par le sport ou par les événements de cette année. On va rester dans notre appartement cosy pas loin des plaines et d’ici quelques mois, on aura décidé de prolonger notre visa ou non. Les projets restent flous à cause de la pandémie. Pourtant, il faut avancer, même à tâtons. Quelle que soit notre décision, nous referions exactement la même chose jusqu’à présent. To be continued

Gardez à l’esprit que vivre à l’étranger est une aventure quotidienne. C’est avant tout beaucoup de bonheur, mais des doutes et des peurs peuvent surgir à tout moment. Et c’est normal ! Certains Français restent au Québec six mois, d’autres des années… Au final, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation. Tentez et vous verrez ! Alors, prêts à tenter l’expérience ?

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