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Yangon, clap de fin sur la Birmanie

Prendre le train en Birmanie : Mawlamyine – Yangon

Comme nous le disions dans notre article précédant, il était inconcevable de terminer notre voyage en Birmanie sans prendre le train au moins une fois. Fraîchement (re)débarqués à Mawlamyine, nous prenons la direction de la gare. Ici, il est impossible d’obtenir des informations sûres et fiables concernant les horaires et de réserver les billets en ligne ! Le guichetier nous indique le prix (5 500 kyats chacun), l’horaire (départ 8h le lendemain et il faut arriver au moins 30 minutes à l’avance) et nous récupérons le fameux sésame en moins de 5 minutes !

La traversée des voies de la gare de Mawlamyine

Le lendemain, lorsque nous arrivons à la gare notre train est déjà à quai. Par contre, pour y accéder il faut traverser les voies, ici pas de passage souterrain ni de pont ! Un contrôleur nous indique la voiture et nos places. Heureusement car tout est écrit en birman sur le train, je pense que nous n’aurions jamais trouvé sinon. Nous avons pris des billets en première classe et sommes plutôt surpris : il y a de la place avec trois sièges par rangée, ils s’inclinent et sont plutôt confortables. C’est une bonne chose quand on sait que le voyage dure dix heures (pour environ 300 kilomètres !). Il n’y a que des (riches ?) birmans dans notre wagon, les autres voyagent en seconde classe et sont assis sur des banquettes en bois. Par contre pour la climatisation, tout le monde est logé à la même enseigne : ce sont juste des ventilateurs au plafond, toutes les fenêtres s’ouvrent et les portes du train ne sont pas fermées. Du coup, il y a de l’air 😄

Notre train !

Ça y est, la locomotive se met en route ! Dès les premières minutes, les vendeurs s’activent dans le train. Leurs marchandises sont diverses : de l’eau fraîche, des boissons chaudes, des fruits, des plats cuisinés, des chinoiseries etc. Ils en feront des allers-retours à travers le train ! Certains sont vraiment jeunes voire très jeunes… On en verra beaucoup passer : à l’approche d’une gare certains descendent et d’autres montent. Les birmans mangent tout le temps donc on comprend mieux la présence de ces marchands !

Une (jeune) vendeuse dans le train

On s’éloigne doucement de Mawlamyine, ce qui donne vraiment le temps de profiter du paysage. Comme les rails sont en hauteur, la vue sur la ville est vraiment imprenable ! Après avoir traversé un pont et quitté la ville, le train s’engage dans la campagne birmane et nous en prenons plein la vue ! L’horizon devient montagneux et les rizières s’étalent à perte de vue. Les pagodes dorées s’enchaînent, parfois en se hissant majestueusement au-dessus de la forêt. Puis, les premiers villages font leur apparition avec des habitations plus ou moins sommaires. Beaucoup d’enfants jouent dans les rues et n’hésitent pas à faire coucou de la main avec un grand sourire. La pollution sauvage est malheureusement bien présente, comme partout dans le pays. On croise le long des rails des buffles immergés jusqu’à la tête dans la boue, des cochons, des chiens, des canards, des poules…

Vue depuis le train

Les dix heures de trajet passent assez vite et nous arrivons déjà dans la banlieue de Yangon. Le paysage urbain est totalement nouveau pour nous qui étions habitués aux petites villes et à la campagne birmane. Les bidonvilles s’étalent le long des rails ainsi que les montagnes de déchets. Nous sommes confrontés à la triste réalité de la pauvreté. À la campagne, les birmans n’ont parfois presque rien mais ont au moins un semblant d’habitat contrairement à ici. La gare étant en plein centre ville, nous débarquons en plein quartier des affaires : le choc avec ce que nous venons de voir est encore plus grand.

Vue depuis le train

Nous avons adoré ce trajet en train, son rythme assez lent permet de profiter du moment présent et d’observer la magnifique campagne birmane et les scènes du quotidien. Bref, ce fut un voyage très enrichissant et paisible !

Yangon, une ville qui n’est pas à l’image de la Birmanie

Yangon (ou Rangoon) est une ville récente dont la création remonte au milieu du XIIIe siècle. Le roi Alaungpaya a décidé de construire une ville proche de l’ancienne capitale Môn afin de montrer sa domination sur ce peuple. Il ira jusqu’à réduire en cendres le port voisin afin que Yangon soit le premier port du pays. En 1841, elle est ravagée par un incendie mais grâce aux Britanniques, Yangon renaît de ses cendres et se pare d’un quadrillage parfait des rues. Elle devient véritablement la capitale en 1885 lorsque la domination britannique est totale. En 2006, la ville perd son statut de capitale au profit de Nay Pi Daw. Cependant, elle reste la capitale économique du Myanmar.

Nous étions censés visiter la ville pendant 3 jours mais notre corps en a décidé autrement. Xavier et moi avons été cloués au lit chacun notre tour. Heureusement, le dernier jour est le bon et nous sommes parés à explorer la ville ! Bon, il pleut mais il nous en faudrait plus pour nous décourager de sortir. Ici, les voitures ont remplacé les deux-roues et l’urbanisme est semblable à celui qu’on connaît dans les grandes villes européennes.

Un bâtiment colonial en décrépitude

La première étape est le marché Bogyoke, assez réputé dans la ville. En fait, il s’agit plus de halles avec des vêtements, des tongs, des bijoux (en jade ?), des laques. Bref que des produits vus et revus au Myanmar. Il n’y a aucun étal de fruits ou de légumes… Les commerçants n’hésitent pas à nous sauter dessus si l’on montre un moindre signe d’intérêt. J’ai eu le malheur de regarder un pot de Thanaka pour vérifier la composition (pas trop naturelle) en vue d’un possible achat et le vendeur m’a fait sentir toute la gamme… En clair, nous sommes un peu déçus de ce marché / bazar.

Ensuite, nous partons en direction de la pagode Sule. Comme d’habitude, il faut se déchausser avant d’entrer dans une pagode. Mais les hommes de la sécurité nous apostrophent en tendant un tiroir pour mettre nos tongs. Bêtes et disciplinés, on s’exécute mais une jeune birmane nous annonce qu’il faut payer 1000 kyats pour les laisser. De plus, l’entrée de la pagode est payante donc on refuse en reprenant nos tongs (qu’on aurait largement pu laisser à l’entrée comme partout). Il ne faut pas nous prendre pour des pigeons quand même !

Le quartier de Chinatown

Nous allons du coup dans Chinatown pour se perdre dans les petites rues. Des « marchés » soient sept ou huit étals sont installés à tous les coins de rue ou presque. Certains bâtiments, qu’ils soient coloniaux ou birmans, tombent littéralement en ruines et restent malgré tout habités ce qui contraste avec le nombre de magasins (parfois de luxe) et d’hôtels. C’est sans doute la ville la plus touristique du Myanmar mais la pauvreté est toujours bien là.

Un marché dans Chinatown

Nous traversons le parc Maha Bendula où se dresse le monument de l’indépendance du pays par rapport au Royaume-Uni en 1948. Yangon possède de nombreux parcs contrairement aux autres villes du pays. Par contre ce n’est pas comme en Europe : il n’y a pas de bancs pour s’asseoir et profiter (dommage !).

La pagode Shwedagon

Nous prenons ensuite un taxi pour aller à la fameuse, la grande, la vénérée pagode Shwedagon. C’est l’institution à Yangon et on comprend assez vite pourquoi ! Après nous être acquittés du droit d’entrée prévu pour les étrangers (10 000 kyats), on y accède via un escalator aboutissant à un vaste plateau carrelé avec en son centre la pagode et quatre stupas indiquant les points cardinaux.

Shwedagon

Selon la légende, son origine remonterait à 500 ans avant J-C ! Le roi Okkalappa a choisi un site où entreposer les huit cheveux de Bouddha que ce dernier a donné à deux marchands Indiens en guise de remerciement. Ceux-ci lui avaient proposé de partager leurs gâteaux au miel. Lors de l’ouverture de la cassette contenant les cheveux, des miracles se produisirent et une première pagode en or fut construite, recouverte de plusieurs autres en argent, en étain, en plomb, en marbre et, enfin, en brique. Jusqu’en 1362, les souverains la délaissèrent. Par la suite, chacun d’entre eux apporta sa touche à l’édifice.

Les volontaires qui balaient la pagode Shwedagon

Elle est actuellement en rénovation et on ne doute pas du fait qu’elle soit magnifique en temps normal ! D’autres pagodes beaucoup plus petites et une soixantaine de stupas se tiennent tout autour de Shwedagon et c’est un régal pour les yeux ! Il y a beaucoup de monde, surtout des birmans venant prier. Leur dévotion sans faille nous étonne toujours autant, même après trois semaines passées dans le pays ! Un birman, professeur à la retraite, nous apostrophe et nous fait une petite visite du site. Grâce à lui, on lave le Bouddha du jour de notre naissance. La semaine bouddhiste comporte huit jours : le mercredi est divisé en deux jours avec le mercredi matin et le mercredi après-midi. Sur le site il y a huit piliers (un pour chaque jour de la semaine) avec Bouddha se tenant dans un bassin avec des gobelets qu’il faut remplir et renverser sur lui puis sur un « soldat » et sur un « chien ». Laver le Bouddha de son anniversaire apporte de la chance et est bon pour le karma. C’est une belle expérience en tout cas ! Ensuite nous redescendons dans le parc autour de la pagode pour profiter un peu de la verdure.

Une cloche dans la pagode Shwedagon

En conclusion, même si nous n’avons pas eu le temps de tout faire en une journée, nous n’avons pas aimé Yangon. Hormis la pagode Shwedagon, rien n’a trouvé grâce à nos yeux parmi tout ce qu’on a pu voir. Un jour de visite supplémentaire dans les autres quartiers nous aurait peut-être fait changer d’avis ! Demain nous prenons l’avion direction Chiang Mai, en Thaïlande !

Nos adresses

  • 999 Shan Noodle Shop : si vous voulez manger des shan noodles (la spécialité de l’état shan) cet endroit est parfait. C’est vraiment pas cher (1 600 kyats le plat de nouilles) et c’est très bon !
  • Yangon Yangon : situé sur le toit de la Sakura tower, ce bar vous permet d’avoir une vue imprenable sur la ville ! L’entrée coûte 5 000 kyats par personne qui sont en fait des bons pour les boissons. À faire au moins une fois pour voir la ville de nuit et de haut !
Hélène

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